"Malgré les grands progrés que je fais en allemand, il est clair que j'y suis venu trop tard, et que je ne parlerai jamais cette langue comme le français. Je ne le regrette pas trop". Michel Tournier, "Le Roi des Aulnes".

31 décembre 2006

Et si on sortait ?

Bref passage à Dijon, le temps d'un cinéma au Desvoge. C'est un blind test: quel film avons-nous vu ? Un indice...





16 décembre 2006

La liberté nous écoute

La France a peur

Un ami anonyme s'alarmait récemment, au moyen d'un mail groupé, des difficultés du métier de journaliste en France. Pour étayer son propos, l'honnête homme nous invitait à visualiser une vidéo plutôt explicite. A voir au plus vite.
Le message de Thibaut m'a rappelé un article paru il y a quelques semaines dans le Süddeutsche Zeitung. Etant désabonné depuis plus d'un mois maintenant, j'ai retrouvé l'article en question dans un amas de vieux journaux entassés sous mon bureau. Celui-ci, sobrement intitulé "Ost-West-Verbreiterung" - ce qui pourrait signifier "Diffusion orientale et occidentale", voire "Elargissement Est-Ouest" - traite des projets du groupe Springer.
La France est concernée au premier rang puisque les éditions Springer envisagent très sérieusement de lancer une version française de BILD-Zeitung, leur produit phare ("Flaggschiff" auf deutsch) dès l'automne 2007. Les fonds auraient déjà été approuvés par la direction allemande et les résultats du numéro zéro du französisches Bild seraient plus qu'encourageant. Il ne manquerait plus que l'aval du Conseil de surveillance du Groupe pour concrétiser le projet.
L'article explique que le marché français est "schwierig" (difficile) et que le groupe a déjà tablé sur 60 millions d'euros de perte la première année. Il serait compliqué également de trouver des journalistes "appropriés" ("geeignete Journalisten"). En effet, Boulevard-Journalismus à la Bild gibt es in Frankreich nicht : la presse de boulevard façon Bild n'existe pas en France. Une aubaine pour Springer qui compte bien occuper le créneau. Son gérant à Paris, Rémy Dessarts deviendrait ainsi rédacteur en chef du futur journal et le numéro deux devrait être Dider Pourquery, débauché de chez Métro.
Une autre difficulté rencontrée par le groupe Springer resterait la question de la diffusion même du quotidien. La chaîne de distribution en France "est en effet dominée par le syndicat CGT, légèrement communiste sur les bords" ("Ein weiteres Grossproblem ist der monopolisierte Vertrieb, den die Kommunistisch angehauchte Gewerkschaft CGT dominiert"). Outre-Rhin, les valeurs communistes ne font pas tous les jours la une du Bild, il est vrai.
Reste le problème du titre.
"Bild Zeitung", c'est pas très vendeur, sauf à Strasbourg. Et encore.
Même si nous pouvons compter sur Rémy Dessarts et Dider Pourquery pour nous trouver, en germanistes avertis, la meilleure adaptation française, quelques suggestions peuvent être avantageusement avancées : "L'indécent", "Cynisme, sexe et capitalisme", "Beauf Zeitung", "Le magazine du gros nanar".
Je reconnais volontiers mon manque d'inspiration sur la question. Pour la suite, je vous renvoie à la version originale.

08 décembre 2006

Atouba, Hambourg et les supporters

L'affaire m'est venue aux oreilles hier après-midi, jeudi, par internet.
Un joueur du HSV, le club de football de Hambourg, aurait fait montre d'une certaine vulgarité envers les supporters présents mercredi soir lors du dernier match de Ligue des Champions contre le CSKA Moscou en levant le majeur à leur adresse. Le footballeur ayant eu l'idée de reproduire son geste à plusieurs reprises, celui a été capté par les photographes présents autour du terrain.
Les journaux allemands n'ont fait leur choux gras de l'épisode que ce matin, vendredi. La condamnation a été unanime. Le joueur a eu un comportement indigne et a mérité la sanction infligé par son club de deux matchs fermes de suspension. Welt Kompakt, que je découvre dans le train ce matin, et le Frankfurter Rundschau, journal plutôt d'inspiration libérale de gauche (je sens que je vais susciter un immense débat sur la notion de libéralisme de gauche...) se sont contentés de reprendre les dépêches de presse : Timothée Atouba s'est mal comporté mercredi soir. C'est une bien mauvause image du football qu'il montre là, le jeune garçon. Les deux quotidiens ne se privent pas par ailleurs de montrer Atouba "en pleine action".
Le quotidien L'Equipe, de l'autre côté du Rhin, nous raconte une toute autre histoire. Il est possible de se procurer l'édition du jour à la gare de Düsseldorf pour la modique somme de 2,00 euros, contre 0,80 euros en Métropole. C'est parfois rageant, vu l'épaisseur du canard certains jours.
L'Equipe donc donne sa version de l'affaire Atouba, en publiant une interview du joueur. La photo qui illustre l'article montre le joueur de Hambourg quelque peu désemparé, les bras à l'horizontal en signe d'interrogation. Un gros titre entre guillemets barre la page : "Une réaction à l'insupportable".
On apprend par le quotidien français que Timothée Atouba a été copieusement insulté par les supporters de son propre club durant tout le match en raison, semble-t-il, d'une prestation moyenne. Il parle de "cris, d'insultes". Il faut comprendre les imitations de cris de singe qui sont désormais monnaie courante dans certains Kops de supporters. Atouba explique même avoir été accroché par un de ses propres coéquipiers...
Le footballeur demande à sortir du terrain à la 69ème minute du match, ne pouvant plus continuer à jouer dans ses conditions. Son entraîneur refuse. Atouba ne céde pas. L'Equipe explique qu'il s'en prend alors violemment au staff de son équipe et aux fans qui l'insultent. Il est finalement expulsé du terrain... par l'arbitre. Le joueur d'origine camerounaise sera ensuite suspendu deux matchs par son propre club.
Morale de l'histoire (selon la presse française) ? C'est Atouba qui l'expose aux journalistes de L'Equipe : "... je suis suspendu deux matchs, décision prise par le directeur sportif ! Je lui ai dit que ce geste, c'était un signal d'alarme et qu'il doit tenter de le comprendre à défaut de l'excuser. En vous rangeant de cette manière du côté des fans, vous acceptez leur façon de s'exprimer. Dans l'avenir, vous n'allez plus engager de joueurs comme moi..."
Morale de l'histoire (selon la presse allemande) ? Ce sont les journalistes sportifs de Welt Kompakt qui nous la livre : "Die Undiszipliniertheit war für Atouba der Tiefpunkt eines Jahres, in dem er mehr Schlagzeilen durch Verletzungen und höhere Gehaltsforderungen machte als durch sportliche Taten". En traduction libre : "Cet acte indiscipliné a été pour Atouba le point d'orgue d'une année, durant laquelle ses blessures et ses exigences salariales ont plus souvent fait la une des journaux que ses exploits sportifs ".

03 décembre 2006

Düsseldorf in Burgund

Mon grand-père est un homme extraordinaire.

Profitant d'un périple fort bref ce jour en Bourgogne, il m'a remis non sans malice une de ses dernières trouvailles, chinée à une vente au bénéfice d'Amnesty International. Chaque année, rituellement, mon grand-père part à Autun participer à la foire aux livres d'Amnesty.

Des portes du Morvan, il m'a rapporté un ouvrage fort étrange, en trois langues, style BD, intitulé Schönes altes Düsseldorf, du totalement inconnu Heinz Peters. Le livre rassemble de belles images de Düsseldorf avant et après guerre, notamment de son centre historique alors encore épargné par la guerre et les bombes alliées.

Comme l'indique la couverture : "Ce livre réunit ce qu'il y a d'ancien et ce qu'il y a de beau à Düsseldorf". Autant dire que Heinz Peters aime les défis.


En feuilletant les 70 pages de l'ouvrage, une enveloppe s'est échappée. 10 cm sur 5, type carte de visite légérement grossie.

Une écriture un peu maladroite dessus, à l'encre noire: "Monsieur Eugène Midol Monnet". Je ne suis pas complétement sûr pour Midol.


J'ouvre naturellement l'enveloppe: "Vivent les années soixante dix !"


Juste quelques phrases, écrites avec un peu plus d'assurance, signées et datées du 13 mars 1970.

23 novembre 2006

Köln, den 23. November um 18:35

Impression d'ambiance en gare de Cologne ce soir, après 10 heures de boulot face à un écran d'ordinateur.
Des militaires de la Bundeswehr - ou presque - à l'entrée de la gare et une meute d'anglophones hurlant à l'intérieur. L'impression que personne ne maîtrise rien, sauf le vendeur de Kölsch, non loin du distributeur automatique de billet.
Jeudi soir ? Soirée coupe UEFA. Cela ne risque pas de concerner Cologne, relégué en deuxième division il y a quelques semaines.
En remontant vers Düsseldorf, j'opte plus vraissemblablement pour Leverkusen. La ville n'est pas très loin de Cologne et le stade est tout près de la gare. Et le club du Bayer joue en coupe d'Europe, lui.
Je ne prends pas le train demain, mais la victoire de Tottenham ce soir 1 à 0 sur le terrain du Bayer est sans doute préférable pour tout le monde, surtout pour les usagers de la Bahn.

20 novembre 2006

Lettre à France-Ségolène

Chère Ségolène,

Les mauvaises langues écriront sans doute - dans la précipitation, ils sont déjà pardonnés - que je t'ai peu ménagé au cours de ces dernières semaines sur ce blog investi par les strauss-khaniens et autres partisans de Laurent Fabius.
A mon corps défendant, Ségolène !, à mon corps défendant ! J'ai dû opter durant le débat interne qui a eu cours au Parti socialiste pour une ligne social-démocrate et européenne. Que ce fût dur. J'ai souffert. J'ai été contraint d'écouter la rengaine sur la relance de la construction de l'UE par Strauss, la revalorisation des services publics par Fabius et d'autres trucs sur une croissance forte et juste par les deux mêmes.
Mais j'ai été patient. Je n'ai pas craqué. J'ai toujours cru en la force de nos Régions.

Et nous voilà enfin réunis, Ségolène. Toi, les militants. Débarrassés de ces deux ulibrius, et de tous les autres d'ailleurs, qui asphixiaient le Parti depuis tant d'années. Tu nous en débarrasses, Ségolène ?

Pas tout de suite ?

L'an prochain, alors ?

D'accord.

Ce sera bien, l'an prochain.


Un militant

17 novembre 2006

Der Dreikäsehoch

Dreikäsehoch, c'est une "demi-portion" en language populaire allemand. Plutôt dans son sens péjoratif d'ailleurs. Ainsi, il est préférable de ne pas aborder les autochtones par cette délicieuse appellation sous peine d'être soi-même transformé en Dreikäsehoch.
Plus gai, le mot signifie aussi "bout de chou". Le problème demeure néanmoins. Et je vous déconseille toujours d'aborder l'homme du cru par un amical Dreikäsehoch !, sans risquer le quiproquo (Das Quiproquo en Allemand, souvent le même qu'en France).
Mais Dreikäsehoch, c'est aussi le "gamin haut comme trois pommes". Et là, ça interpelle forcément. Outre-Rhin, on serait donc plutôt "haut comme 3 fromages" (Drei - Käse - Hoch).
Après de longues recherches, voici un début de réponse sur cette différence essentielle qui aura contribué à brouiller la compréhension mutuelle de nos deux peuples:

Dreikäsehoch
Die umgangssprachliche Bezeichnung "Dreikäsehoch", wird auch heute noch verwendet, um einem Kind, dass sich ein wenig zu sehr aufspielt klarzumachen, dass es doch noch ein wenig zu klein dazu ist. Der Begriff spielt auch tatsächlich auf die Höhe dreier aufeinandergestapelter Käseleiber an, die die "Gernegroßen" in der Regel nicht überschreiten. Korrekter wäre allerdings wohl eher die Bezeichnung Vierkäsehoch.

13 novembre 2006

Ni vu, ni connu

Les "rénovateurs" (pro-Montebourg) en campagne pour la candidature de Ségolène Royal nous prient d'insérer les articles suivants en vue d'étayer le débat ayant cours sur le présent blog:


Arnaud Montebourg dénonce la "marchandisation du soutien scolaire"
11 novembre

Suite à la diffusion d’une video où Ségolène Royal propose que les enseignants de collège combinent cours et soutien scolaire, Arnaud Montebourg, dénonce la "marchandisation du soutien scolaire". Le 10 novembre, il était sur Europe 1 dans l’émission Europe midi invité de Luc Evrard, voici le script de l’entretien.

Luc ÉVRARD Les débats officiels de la campagne interne au Parti socialiste sont clos depuis hier. Tout s’est passé dans le calme devant les militants à Toulouse, mais la campagne proprement dite se poursuit avec des méthodes pas toujours très glorieuses. Une vidéo pirate circule depuis hier sur Internet dans laquelle Ségolène ROYAL évoque devant les militants l’idée de contraindre les enseignants à faire 35 heures de présence effective dans les établissements scolaires. Proposition explosive s’il en est quand on connaît l’importance de la phalange enseignante au Parti socialiste. Brigitte BEJEAN. Ah, Brigitte BEJEAN n’est pas des nôtres mais Arnaud MONTEBOURG est avec nous. Bonjour.

Arnaud MONTEBOURG Bonjour.

Luc ÉVRARD Vous êtes porte-parole de Ségolène ROYAL. D’abord sur la forme : cette diffusion tardive d’un document pirate enregistré en janvier dernier à Angers, cela vous inspire quoi ?

Arnaud MONTEBOURG Ce sont des méthodes un peu curieuses, d’autant que dans une vidéo on peut choisir les passages, ne pas resituer dans le contexte. Ceci dit, ce qui apparaît est intéressant car Ségolène ROYAL évoque un pacte avec les organisations syndicales sur le métier d’enseignant, sur les méthodes de travail et sur la façon de différencier la pédagogie. De ce point de vue-là, ce qui est intéressant dans cette vidéo, c’est qu’elle pose le problème de la marchandisation des produits éducatifs et de l’éducation.

Luc ÉVRARD Oui, parce que ce que j’ai entendu, moi, en regardant cette vidéo, c’est aussi qu’elle met en cause les profs qui vont arrondir leur fin de mois dans des sociétés commerciales de soutien scolaire.

Arnaud MONTEBOURG Elle va surtout mettre en cause la façon dont se développent des soutiens privés d’entreprises qui sont, en effet, cotées en bourse et qui concernent aujourd’hui 2 milliards de chiffre d’affaires. 30 % de lycéens, 20 % de collégiens font appel à ces encadrements ou soutiens scolaires privés, ceux des parents qui peuvent se payer ce type de soutien ont plus de chance que les autres parents qui eux-mêmes n’ont pas ces moyens.

Luc ÉVRARD Est-ce que d’après vous c’est une bonne idée de doubler le temps de travail des profs ? 18 heures aujourd’hui de présence effective, je veux dire, 35 heures demain.

Arnaud MONTEBOURG La question se pose de la réévaluation dans un rapport de loyauté avec les organisations syndicales avant les élections, et non pas après les élections, par derrière. C’est une question qui sera posée et qui est dans le projet socialiste : comment faire en sorte, pour accompagner les élèves, différencier la pédagogie par un soutien adapté à ceux qui ont plus de difficultés. Dans certains établissements où il faudra qu’en effet le temps de présence des adultes, et notamment des professeurs particulièrement soit plus important, comment imaginer qu’une mesure générale de 17 heures ou 15 heures sur la totalité du territoire, on puisse imaginer à rémunération en contrepartie augmentée, des temps de présence différents ? C’est cette différenciation qui est au cœur de la reconstitution d’un pacte avec les enseignants. Vous savez, quand on veut reconstruire un service public qui est aujourd’hui en crise - en crise, d’ailleurs, morale mais aussi en crise de déficience car il y a trop d’enfants qui sortent du système scolaire sans diplôme et sans qualification, il faut le faire à partir de sa sève la plus forte qui est le monde enseignant.

Luc ÉVRARD Excusez-moi, je voudrais en placer une. Cela veut dire quand même qu’à terme, des enseignants seront obligés d’aller faire à charge d’emploi, c’est-à-dire sans rémunération complémentaire, ce qu’ils font aujourd’hui de manière plus lucrative.

Arnaud MONTEBOURG Je pense qu’il vaut mieux que le service public se renforce en proposant des formules de soutien scolaire, d’encadrement des élèves, différenciées, personnalisées plutôt que de laisser au privé le soin de développer ce type de service. C’est plus égalitaire.

Luc ÉVRARD Merci. Merci Arnaud MONTEBOURG, porte-parole de Ségolène ROYAL.

L’Agence France Presse a diffusé la dépêche suivante le 10 novembre après-midi:
PARIS, 10 nov 2006 (AFP) - Arnaud Montebourg, porte-parole de Ségolène Royal, a dénoncé vendredi "la marchandisation du soutien scolaire", suite à la diffusion d’une vidéo où la candidate à l’investiture socialiste Mme Royal propose que les enseignants de collège combinent cours et soutien scolaire. "Le soutien scolaire doit pouvoir avoir lieu non plus dans le privé (...) au frais des familles mais au contraire dans le service public de l’éducation, pour tous les enfant qui en ont besoin et gratuitement", a déclaré M. Montebourg à l’AFP. Il a relevé que Mme Royal évoquait dans cet enregistrement pirate "un pacte à la loyale avec les organisations syndicales d’enseignant avant les élections pour redéfinir les différents aspects du métier d’enseignants". "Elle a également évoqué le phénomène dangereux de marchandisation du soutien scolaire", a-t-il ajouté en rappelant que les "entreprises de soutien scolaire privées réalisent 2 millirads d’euros de chiffre d’affaires et concernent 30% des lycéens et 20% des collégiens, la principale étant cotée en bourse". "La question des conditions de travail des professeurs", de leurs "rémunérations et de leur revalorisation" et de leur "présence" dans les établissements font "partie des choses qu’il faut mettre sur la table", pour M. Montebourg.

11 novembre 2006

17 heures de cours et puis basta




L'équipe de campagne de Ségolène Royal a frappé un grand coup ces derniers jours.
En laissant filtrer (ou en publiant elle-même directement) cette vidéo où la candidate à l'investiture socialiste explique vouloir réformer l'école de manière révolutionnaire, l'entourage de Mme Royal a finement joué.
Après avoir écouté ses propos, qui peut encore avoir le moindre doute sur la manipulation du camp Royal ? Qui ne saurait adhérer - sauf à démontrer leur absence de vérité - à ses propositions ? Il semble en effet pour le moins discutable de voir des professeurs de l'enseignement public dispenser des cours de soutien dans des institutions privées, favorisant les familles ayant les moyens de s'offrir cette aide au détriment des autres.
Que Mme Royal ait le courage de ses opinions et de ses idées, qu'elle affiche ouvertement la couleur et ses convictions profondes. Ses propositions sur l'école méritent d'être débattues. Encore faut-il qu'elle les assume. Elle gagnerait un peu en crédibilité et je me déciderai peut-être alors à changer mon vote. Pour l'heure, la ficelle est un peu grosse (französischer Begriff).

10 novembre 2006

Odes à la Bahn

Mon viel ami Thomas me faisait remarquer il y a quelques jours ici même que je traitais insuffisamment de la question des transports publics, et notamment ferroviaires, dans ce blog.
Il avait sans doute raison et il convient sans délai de combler cette lacune. Même si le présent billet ne prétend pas aborder de manière exhaustive cette thématique aux multiples ramifications, j'essayerai de la façon la plus impartiale possible de vous exposer le grand bordel qui règne dans les gares allemandes.
Depuis mon arrivée outre-Rhin, soit un peu plus d'an, je ne me souviens pas avoir pris un seul train partant à la fois à l'heure dite et arrivant à l'heure prévue. Non, vraiment. La Deutsche Bahn - la SNCF nationale - réussit cet incroyable exploit de mécontenter à peu près 99,99 % de ses passagers. Mes déplacements à Cologne par des trains régionaux bondés, lents et arrêtés quasi-quotidiennement dix bonnes minutes à Leverkusen, ou pire, à 2 km de la gare de destination, ont achevé de me convaincre que les chemins de fer allemands se foutaient de ses concitoyens.

Ma triste expérience de ce jour mérite d'être exposée d'un strict point de vue comptable. Düsseldorf-Münster ( en temps normal 1h20 de trajet) : 35 minutes de retard à l'aller; 25 minutes au retour.

Fermer le ban, ou mieux, la Bahn...

09 novembre 2006

Münster, Lyon, 1944-1987

Il n'a pas été encore question ici de mes voyages hebdomadaires à Münster, où chaque vendredi j'ai le bonheur "d'introduire au droit français" une trentaine de jeunes étudiants allemands, sélectionnés entre autres pour leur compétence linguistique. Je rassure tout le monde - et notamment leurs parents - les cours sont délivrés en V.O., soit en français. Demain, j'ai espoir de terminer l'Ancien Régime et d'aborder la Révolution et l'époque contemporaine. En deux fois 45 minutes, c'est un challenge.
L'université de Münster a une certaine réputation en Allemagne. Les grandes universités ne sont pas toutes à Berlin, même si celle de la capitale bénéficie d'une indiscutable aura. On ne peut qu'aimer Münster. Tout porte à croire que ette ville a été conçue pour son université. Et j'éprouve toujours un regret de ne pas avoir étudié là.
Lors de mon précédent voyage il y a quelques jours, pour le premier cours, j'ai un peu cherché mon chemin avant de retrouver les bâtiments de l'université, ceux-ci étant situés au coeur de la vieille ville. L'arrêt de bus m'a immédiatement troublé : de grandes photographies légérement floutées de deux visages. J'avais reconnu assez vite Jacques Vergès. J'ai réalisé un peu plus lentement que l'autre visage était celui de Klaus Barbie. Etrange accueil. Il s'agissait en réalité du bâtiment des études de droit pénal de l'université. Les deux photographies ont été prises lors du procès de Lyon, en 1987. Vergès a l'air très jeune. J'ai toujours regretté à Lyon n'être jamais allé voir les vidéos du procès rediffusés au Musée de la résistance et de la déportation, rue Berthelot.
Et c'est à Münster que tout cela me revient. Demain, j'essayerai d'en savoir un peu plus sur ces deux grands placards.

31 octobre 2006

Boris Palmer, roi de Tübingen

Vu cette brève dans le Süddeutsche il y a quelques jours: "Boris Palmer siegt in Tübingen". Boris Palmer est député régional écologiste du Bade-Wurtemberg, région frontalière de la France. Depuis 10 jours, il est Oberbürgermeister de Tübingen, petite ville universitaire au sud de Stuttgart où j'ai vécu deux mois il y a un an. Voici l'article en VO:

"Der Grünen-Landtagsabgeordnete Boris Palmer hat am Sonntag die
Oberbürgermeisterwahl im baden-würtembergischen Tübingen gewonnen. Der 34-Jährige erreichte nach dem vorläufigen Endergebnis überraschend im ersten Wahlgang mit 50,4 Prozent die erforderliche absolute Mehrheit der Stimmen.
Palmer wird damit der erste Grünen-Oberbürgermeister in der Universitätstadt.
Die bisherige Amtsinhaberin Brigitte Russ-Scherer (SPD) kam nur auf 30,2
Prozent. Sie hatte das Amt 1999 angetreten. Palmer wurde auch von Teilen der CDU
unterstützt, die nicht mit einem eigenen Kandidaten antrat. Die Wahlbeteiligung
betrug 51,6 Prozent."
Ah, hier, en rentrant en voiture, entendu une émission sur la WDR 5 évoquant les propos exhumés de Bourdieu sur Ségolène Royal. Les journalistes ne semblaient pas dupe du coup tiré par le propre camp socialiste sur sa possible future candidate. Ils s'étonnaient surtout qu'en France les hommes (et femmes) politiques soient toujours contraints de justifier de leur engagement et de leurs convictions politiques. Et de citer Royal, Fabius, etc. En Allemagne, on ne s'attarde en effet que très rarement sur les questions dites "de positionnement" et sur l'ancrage d'un tel à gauche ou les positions libérales d'un autre. Les carriéristes et opportunistes sont-ils moins nombreux outre-Rhin ? Sans doute pas. Les Allemands croient-ils encore à la politique alors ? Peut-être plus qu'en France. Et l'élection d'un jeune écolo dans une ville du Sud de l'Allemagne réputé à droite le montre assez bien.

29 octobre 2006

Une réunion social-démocrate

Ceux qui n'ont jamais vécu de réunion interne au Parti Socialiste ne peuvent que difficilement comprendre ce que j'ai ressenti en me rendant, jeudi soir dernier, à ma première réunion du SPD.
En réalité, il ne s'agissait pas véritablement de la première fois. Entre le SPD et moi, il y avait déjà eu quelques réunions du groupe des Jusos à l'Université de Francfort en 1999, à 12 dans un placard à balai, et une assemblée des responsables des jeunes socialistes de la Hesse. Mes capacités de compréhension plus que limitées de l'époque avaient transformé ces moments en longues séances de mime Marceau.
Jeudi dernier, c'était un plus sérieux. L'affaire avait été repoussée en avril dernier, où j'avais manqué un rendez-vous du groupe local. La ville de Düsseldorf (environ 600.000 habitants) est divisée en Stadtbezirk, une dizaine d'arrondissement avec à leur tête un mini-conseil municipal (élu à la proportionnel, il va sans dire). Chaque Stadtbezirk est composé lui-même de quartier. J'appartiens au quartier Bilk, Stadtbezirk 03. Jeudi soir, l'assemblée des militants SPD du Stadtbezirk 03 était réunie pour parler Intégration.
Par email, comme chaque militant, j'avais reçu un document intitulé Integrationspapier résumant la pensée du groupe chargé de travailler sur le sujet. Je n'avais pas vraiment pris la peine de lire ce document de trois pages en arrivant sur le lieu de la réunion, une brasserie du quartier appelé "Haus Konen". Le concept est assez étonnant et plutôt efficace: la brasserie "prête" des salles de réunion aux associations et partis en échange des consommations de leurs membres. Le SPD du Stadtbezirk 03 avait réservé une salle avec des tables en U pouvant contenir à peine plus de 30 personnes. Les responsables ne semblaient guère optimistes sur la participation. Etant arrivé avec une demi-heure de retard, la plupart des militants était déjà attablée. La serveuse profita de mon arrivée pour s'engouffrer dans la salle avec moi et prendre une nouvelle tournée de commandes. Une vingtaine de sociaux-démocrates düsseldorfois débattaient tranquillement autour d'une ou plusieurs alt, la bière locale, de la question de l'intégration en Allemagne et plus précisément dans leur quartier.

Cela faisait bien un an et demi que je n'avais pas mis les pieds dans une réunion interne d'un parti politique. On oublie vite. C'est fou. J'ai assisté pendant plus de deux heures à un débat où il n'est en définitive rien ressorti, sinon que la définition de l'intégration englobe nécessairement le sort des femmes aux côtés des personnes handicapées et des émigrés.
J'ai longtemps cru avoir mal compris. L'acoustique de la salle était pourtant très bonne mais le bruit des chopes pouvait prêter à confusion par moment. Mais non, c'était bien écrit sur le document diffusé au préalable: la gente fémine était bien associée aux préoccupations social-démocrate en matière d'intégration. Alors... Le responsable de la réunion brandissait une page imprimée de l'article "Integration" du site allemand Wikipédia. Lequel énonce que l'intégration peut se définir comme "das Einbinden einer Minderheit in eine größere soziale Gruppe", en clair l'adhésion d'une minorité à un groupe social plus important.
Là, j'ai regretté de ne pas être bilingue.

24 octobre 2006

L'appel du Luxembourg

Intéressante découverte ce matin en ouvrant mon ordinateur. Après un rapide tour sur le site de lequipe.fr et ma boîte mail, je consulte rituellement les statistiques de ce blog sur xiti.com. Visites, visiteurs, origines, entrées, sorties: tout est condensé en deux-trois tableaux fort colorés.
Pour les résultats d'hier donc, un nombre toujours grandissant de visiteurs apparaît (je plaisante) et - O surprise ! - 5 connections en provenance du Luxembourg (les premières depuis la création du site) et une en Belgique. Une étude un peu plus affinée me permet de déterminer que ce dernier visiteur provient de Bruxelles même.
Et alors ? me direz-vous. En effet, j'ai eu des visites du Venezuela et de l'Illinois. Pourquoi pas du Benelux. Reste que cette information annexe prend un peu plus de relief lorsque l'on étudie les sources d'accès à doutrerhin.blogspot.com, autrement dit les moyens utilisés par l'internaute pour pénétrer sur ce site: 9 sont passés par l'intermédiaire de Google. Passionnant.
Xiti.com
va plus loin et nous dit comment ces 9 visiteurs ont utilisés Google pour arriver sur le présent site. Ils ont notamment tapé les occurences suivantes (dites "expressions clées"):
petra erler
(pour 4 d'entre eux), verheugen erler, petra gunter verheugen et erler petra.
Je ne peux m'empêcher de faire un rapprochement avec mes visiteurs d'un jour du Luxembourg.
Mes propos sur le Commissaire allemand à l'Industrie n'ont pas dû être jugés choquant et ne feront l'objet d'aucune mesure coercitive, vu la durée moyenne des visites ce jour-là: 1 minute et 22 secondes.

22 octobre 2006

H.-J. Musielak

Da ich die 9. Auflage des Buches "Grundkurs BGB" von Hans-Joachim Musielak wieder lesen und lernen muss, schreibe ich nicht nur für meine ehemaligen DAAD-Kollegen sondern auch für zukünftige Bewerber den folgenden Auszug ab:
Eine selbstverständlichkeit sollte für jeden Studierenden die Beachtung der Regeln der Rechtschreibung, der Grammatik und der Zeichensetzung sein. Schliesslich sollte sich der Bearbeiter auch darüber im Klaren sein, dass die äussere Gestaltung der Arbeit, ihr Aussehen, eine nicht zu unterschätzende Bedeutung für die Beurteilung hat. Zu Recht meinen Diederichsen und Wagner in ihrer Schrift "Die BGB-Klausur", S.120: "Wer mag schon unter eine saubere Arbeit, bei deren Abfassung sich der Bearbeiter offensichtlich Mühe gemacht hat, eine schlechte Note setzen ? Bei der unordentlichen tut es einem nicht leid".

19 octobre 2006

Petitessen, Vetternwirtschaft und Dementi

Quelqu'un en France se souvient-il que Monsieur Barrot occupe depuis 2004 le poste de commissaire européen en charge des Transports ? Jacques Barrot, oui. Il est même Vice-président de la Commission, c'est dire son importance.
Outre-Rhin, plus personne ne peut ignorer que l'Allemagne est représentée de son côté par le social-démocrate Günter Verheugen.
Le Süddeutsche Zeitung lui consacrait jeudi dernier un mini-portrait en page 4, où il était question des dernières sorties du Commissaire européen en charge de l'Industrie. Verheugen avait en effet osé jeter un pavé dans la mare bruxelloise en s'indignant du pouvoir accru des haut-fonctionnaires européens. La montée en puissance des 20.000 fonctionnaires s'opérant au détriment des Commissaires. Constat sans doute pas forcément infondé, mais qui a déplu.
Herr Verheugen n'en est pourtant pas à son premier fait d'arme. Alors qu'il était Commissaire européen à l'Elargissement sous la présidence Prodi, il avait déclaré que les Polonais pouvaient certes fêter leur adhésion en buvant du champagne, mais, en raison de leurs penchants liquoreux, de préférence un seul verre...
Il va sans dire que depuis ses quelques sorties Verheugen n'a pas été épargné par le milieu bruxellois. En particulier lorsque des photos de vacances le montrant avec une de ses assistantes, Petra Erler, main dans la main, furent publiées dans la presse.
L'affaire n'eût sans doute pas fait grand bruit si Verheugen n'avait été marié et si Petra Erler n'avait été nommée en avril dernier directrice de son cabinet. Aux accusations de népotisme (Vetternwirtschaft), le Commissaire opposa un véhément démenti. Et Barroso lui-même fût contraint de s'expliquer. La nomination ayant été faite dans les règles de l'art, on en resta là : "Damit ist für mich die Sache vorbei".
Le journaliste du Süddeutsche, Alexander Hagelücken, prend la défense de Verheugen en expliquant que les accusations auraient été fondées si Petra Erler, économiste de formation, s'était révélée incompétente. Ce qui n'est pas le cas, explique le journaliste. Ancienne secrétaire d'Etat du premier gouvernement démocratiquement élu en RDA (Staatssekretärin der ersten frei gewählten DDR-Regierung), Erler était la collaboratrice la plus ancienne au sein du cabinet de Verheugen. Et le journaliste du Süddeutsche de prédire malgré tout une fin de mandat (2009) éprouvante pour Verheugen et sa nouvelle directrice de cabinet.

Pourquoi je soutiens DSK


Parce qu'il est le seul à pouvoir réduire la fracture Nord/Sud et mettre fin au néocolonialisme européen en Afrique de l'Est.

15 octobre 2006

Die gefesselte Ente

Une semaine en France en octobre 2006, c'est un peu de football (qualifications pour l'Euro 2008) et beaucoup de politique (tour préliminaire de la présidentielle 2007). Je me suis procuré en conséquence quotidiennement en Equipe et autre Libération, petits plaisirs oubliés outre-rhin. Une brève m'a fait sourir dans Le canard du 11 octobre dernier, que je me permets de vous livrer brut.
Elle est intitulée "Le ticket Fabius-DSK":

Sur le coup de 8h30 le 7 octobre, les principaux partisans de Laurent Fabius se sont retrouvés discrètement dans un sous-sol de l'Assemblée nationale.
Le député de Seine-Maritime a exhorté les siens à ne pas s'en prendre à Dominique Strauss-Kahn, une alliance Fabius-DSK étant possible en cas de second tour entre les trois candidats socialistes. En revanche, Fafa n'a donné aucune consigne en ce qui concerne Ségolène Royal. Une recommandation parfaitement suivie quelques heures plus tard, lors du conseil national.
Apercevant la candidate en tailleur rose perle entre Pierre Mauroy et Jean-Marc Ayrault, un lieutenant de Fabius s'est écrié: "Ségolène se présente comme la candidate de la rénovation, alors qu'elle est la candidate des hiérarques de l'appareil (François Rebsamen, Julien Dray, Bruno Leroux, etc.), celle des affreux (Jacques Mellick, Georges Frêche, etc.) et celle des carriéristes (Arnaud Montebourg, Vincent Peillon, etc)!" Les hiérarques + les affreux + les carriéristes, cela fait plus de 50% du PS, non ?


A titre personnel, je ne partage pas complétement l'opinion du sieur fabiusien. Question de catégorie sans doute. Par ailleurs, la remarque peut faire sourire venant d'un partisan de Laurent Fabius. Et puis, pourquoi les uns seraient-ils plus hiérarques que carriéristes... ? Vaste débat. Reste que certains ralliements à la cause royaliste laissent tout de même pantois.

07 octobre 2006

Un hôtel sans étoile à Delmenhorst

Les dernières élections régionales en Mecklenbourg-Vorpommern ont rappelé que tous les Allemands n'avaient pas eu l'opportunité de visiter Weimar, capitale culturelle européenne, ni du reste le camp de concentration situé à moins de 10km de là, un peu plus au nord-ouest.
Il a déjà été question ici de l'irruption aussi brutale qu'attendue de l'extrème droite sur le devant de la scène politique allemande lors du scrutin du Land de la Baltique. La presse nationale a parfaitement décrypté pendant l'été la montée du NPD, die Nationaldemokratische Partei Deutschland, soit le Parti national-démocratique d'Allemagne, créée en 1964. Elle tente désormais de comprendre pourquoi plus personne ne semble s'étonner de la présence de néonazis dans un parlement régional en Allemagne.
Il faudrait pourtant être aveugle pour ne pas voir le vrai visage de l'extrême-droite allemande. La méthode est connue et a déjà démontré son efficacité: occuper le terrain des anciens partis dits ouvriers. Le site web du NPD, aussi banal qu'effrayant, s'ouvre d'ailleurs sur des manifestants exigeant plus de Soziale Gerechtigkeit (justice sociale). Les couleurs blanche, rouge et noire sont là pour rassurer.
L'emprise des néonazis se fait désormais sentir à l'Ouest. L'épisode de l'hôtel de Delmenhorst vaut à ce titre d'être conté pour illustrer une certaine "Npdisation" des esprits allemands. Delmenhorst, commune de 80.000 habitants dans la banlieue de Brème, n'était pas particulièrement connue pour ses sympathies extrémistes quand Jürgen Rieger, avocat à Hambourg, décida de se porter acquéreur de l'hôtel "Am Stadtpark" plus ou moins abandonné depuis une année. Rien de bien anormal, me direz-vous, quand on connaît les fortunes personnelles des avocats... Sauf que Rieger est lui-même réputé pour ses amitiés néonazies et agit en conséquence ouvertement pour le compte du NPD.
Le parti d'extrême-droite a souhaité acheter cet hôtel pour le transformer en "rechtes Schulungszentrum", ou plus directement, en "Nazischule", un centre d'éducation et de formation pour ses sympathisants. Rieger en a proposé très vite 2,5 millions d'euros. Une belle opération pour le propriétaire, Günter Mergel, dont les locaux ont été estimés à 1,33 millons.
La population de Delmenhorst s'est mobilisée, le conseil municipal a suivi. Une grande initiative citoyenne a permis de réunir une somme de 900.000 euros. La Ville a accepté de financer la différence et a proposé 2,5 millions au propriétaire. Las, le NPD en a offert 3. Pour Rieger, 3 millions d'euros néonazis restent toujours plus que 2,5 millions d'euros. De bonne guerre.
Un habile montage financier en partenariat avec le Land garantissant un crédit de 500.000 euros a permis à la mairie de Delmenhorst d'emporter le morceau en offrant 3 millions à son tour. Günter Mergel a accepté malgré une dernière proposition des extrémistes à... 3,4 millions.
L'affaire a été conclue lors du conseil municipal de jeudi soir dernier. L'école des Nazis ne verra pas le jour à Delmenhorst.