"Malgré les grands progrés que je fais en allemand, il est clair que j'y suis venu trop tard, et que je ne parlerai jamais cette langue comme le français. Je ne le regrette pas trop". Michel Tournier, "Le Roi des Aulnes".

18 mars 2008

Elle t'aimait, John

Il se passe pas mal de choses intéressantes outre-Rhin. Mais depuis le concert des beatles à Manchester en 1963, seule Françoise de Panafieu a réussi à nous faire vibrer lors d'un meeting.

John Mc Cartney doit payer 33 millions de dollars à son ex. C'est une somme.

12 novembre 2007

Christine, il faut qu'on se parle

Bon, plus de nouvelle d'Eric et visiblement personne n'en veut. Dommage.

A titre personnel, je reste preneur, mais j'insisterai plus, promis.

Par contre, il se passe des choses pas claires en Allemagne ces temps-ci. Pour preuve:

04 novembre 2007

Où es-tu Eric ?

Souvenez-vous, Eric, 49 ans, choisissait de voter Sarkozy.

Depuis le 22 avril dernier et cette lettre, Eric est parti et a quitté sa famille (politique) sans laisser d'adresse.

Eric a été aperçu la dernière fois vers l'Elysée en juillet.



Si quelqu'un détient des informations concernant Eric, merci d'écrire à la mairie de Donzères (Drôme).

19 août 2007

Jean-Louis, Pascal et Raymond

Jean-Michel Aulas et Raymond Domenech rencontrent Pascal Sevran dans les travées du Stade du Moustoir à Lorient. De quoi est-il question ? Réponses en deux temps, trois mouvements (tout en écoutant la première vidéo, regarder la suivante):






envoyé par Tor_DailyMotion

05 juin 2007

Où es-tu Eric ?

Pas de grande déclaration à faire, sinon que ça va faire mal, dimanche soir.

Ah si.

Hier midi, en feuilletant ce bon vieux journal progressiste de Francfort, le FAZ, je tombe sur un article évoquant une réunion des Allemands des Sudètes dans le sud du pays. Leurs représentants entendent peser dans les actuelles discussions en cours avec le gouvernement tchèques.
Je fais part de mon étonnement à un de mes collègues. Certes sur un ton sarcastique, mais plutôt modéré, du style: "Les Sudètes, ça sonne un peu histoire de l'antiquité, non ?".
Silence de deux longues secondes.
"Non"
Re-silence de deux longues secondes.
"Enfin, je voulais dire que... les Sudètes... ça fait bizarre, quoi... Moi, je les ai jamais vu que dans les livres d'histoire. Alors, là, forcément... die Sudetendeutsche..."
"Non, non, la communauté des sudètes allemands est très importante, surtout en Bavière"
Et pour cause, les allemands des sudètes, réfugiés en Allemagne après guerre, se sont très vite organisés en association pour défendre leurs intérêts et former des lobbys politiques puissants en Bavière et en Hesse. La question des réfugiés d'après guerre est une question que beaucoup de Français sous-estiment. Une famille allemande sur sept est pourtant concernée par cette thématique, et a au minimum un membre parmi elle qui a connu l'exode en 1945 devant l'avancée de l'Armée rouge. Il n'est dès lors pas rare de retrouver dans la presse quotidienne de telles manifestations - comme les "journées des sudètes allemands" - qui sonnent comme un rappel de l'Entre-deux-guerres.

02 juin 2007

Pourquoi Eric, pourquoi ?

Je vois tout de même un gros avantage à la formation de ce gouvernement FILLON I. C'est l'éviction de ce charlatan d'Hervé Mariton du ministère de l'Outre-Mer. Car, on ne le répétera jamais assez, ce pauvre Mariton est un bien pauvre homme (politique).

Le mois de mai a été égayé par deux découvertes: le dernier livre de Marc Dugain, "la malédiction d'Edgar", sur l'ancien directeur du FBI, Edgar Hoover, et le dernier opus des Rita Mitsouko, "Variéty". Le livre de Dugain est un vrai bonheur, surtout par les portraits qu'il trace des hommes politiques américains: les frères Kennedy, Nixon, Johnson, jusqu'à Reagan. On a parfois du mal à distinguer le travail de l'écrivain de celui de l'historien. Cela ressemble à du Patrick Rambaud (La Bataille, et ses suites), sans la prétention historique. On voudrait croire que "La malédiction d'Edgar" n'est qu'une simple fiction. Mais - et Michel Créton avait raison - la réalité dépasse toujours la fiction.

Quant aux Rita Mitsouko, il faut absolument se procurer l'album. Pour les amateurs germanophones, à part s'en remettre aux accords de basse, oubliez les paroles, et, pourquoi pas, venez le 7 juin prochain à Cologne pour les écouter, en chair et en os.



Puisqu'on en est à évoquer nos vertes années, qui se souvient de Feargal Sharkey ? Personne ? Quel dommage. Son single "A good heart" déchaînait pourtant les foules il y a 22 ans, lui dans une chemise blanche impeccable, les cheveux étonnament lisses (vous vous souvenez de Paul Atréides, joué par Kyle Mac Lahlan dans "Dune", en 1984 ? et bien c'est lui - ou presque), entouré des meilleurs batteurs de l'époque. Bonne écoute !

05 mai 2007

Deux candidats de poids pour le futur gouvernement français

Bon, je le concède, ça date un peu. Mais puisqu'on nous interdit de publier estimation, sondage et autres propagande politique jusqu'à dimanche soir 20h00, je vous propose de vous détendre avec David. J'ai toujours considéré en effet que David aurait fait une belle carrière solo, à l'inverse de Jonathan, dont la voix part trop souvent un ou deux octaves en dessous, non ?

26 avril 2007

Quel bel homme, ce Monsieur Besson !

Enorme, la rencontre d'un ancien homme de gauche avec une salle de droite. Il faut écouter Besson devant la salle de l'Ump à Dijon, lundi dernier: "ne les sifflez pas - dit-il en substance au sujet des militants socialistes - ils ne le méritent pas". Il est devenu fou, Besson, ça doit être l'effet sarko.

Il est préférable de se replonger dans le magnifique ouvrage de Michel Tournier, le Roi des aulnes, dont sont extraites les lignes suivantes:
"A l'opposé de la France, terre océanique, noyée de brumes, et aux lignes gommées par d'infinis dégradés, l'Allemagne continentale, plus dure et plus rudimentaire, était le pays du dessin appuyé, simplifié, stylisé, facilement lu et retenu. En France, tout se perdrait en impressions, en gestes vagues, en totalités inachevées, dans des ciels brouillés, dans des infinis de tendresse. Le Français avait horreur de la fonction, de l'uniforme, de la place étroitement définie dans un organisme ou une hiérarchie. Le facteur français tenait à rappeler toujours par un certain débraillé qu'il était aussi père de famille, électeur, joueur de pétanque. Au lieu que le facteur allemand, engoncé dans son bel uniforme, coïncidait sans bavure avec son personnage. Et de même la ménagère allemande, l'écolier allemand, le ramoneur allemand, l'homme d'affaires allemand étaient plus ménagère, plus écolier, plus ramoneur, plus homme d'affaires que leurs homologues français"

22 avril 2007

François Bayrou au second tour

Soirée électorale endiablée. Arlette Chabot parle le grec et s'est teinte en blonde. A l'annonce des premières estimations à 20h00, Ségolène Royal est en pôle avec 23%, Nicolas Sarkozy ne passera pas le 1er tour. Le troisième homme est devenu le deuxième et François Bayrou surgit pour fêter son magnifique score:

21 avril 2007

Un effort s'il vous plaît

Il faut penser à Lionel Jospin aujourd'hui. Comment vit-il ce week-end, 5 ans après après son élimination du 1er tour de la présidentielle. Je suis d'ailleurs surpris que si peu d'allemands se souviennent de la présence de Le Pen au deuxième tour.

La lecture de l'édito de Joffrin dans le Libé de samedi est rassurante. "La bravitude ça n'existe pas, la solitude oui". C'es vrai qu'elle est seule Ségolène Royal. Réformera-t-elle la gauche contre elle-même ou n'est ce qu'une posture ? La question semble être là. Et comme il faut bien choisir, faisons lui confiance.

20 avril 2007

L'affaire Oettinger

Si l'Allemagne s'intéresse naturellement au scrutin de dimanche prochain chez son voisin d'outre-Rhin, la presse nationale est surtout accaparée par l'affaire Oettinger, du nom du Ministre-Président de Bade-Württemberg.


Au centre de la polémique, l'hommage funèbre rendu par le numéro 1 de ce Land de l'Allemagne du Sud (Stuttgart, Freiburg, Baden Baden) à son prédecesseur, Hans Filbinger, dont les funérailles ont eu lieu il y a une semaine. De très virulentes critiques se sont élevées tout au long de la semaine contre les propos tenus par Oettinger en hommage à Filbinger. Oettinger a même été contraint de se fendre d'une lettre ouverte, publié dans la FAZ lundi dernier. Le Ministre-Président (CDU) y regrette les malentendus suscités.

De quels Missverständnisse parle-t-il ? D'avoir voulu relativiser l'engagement national-socialiste de son prédecesseur: „Ein solcher Eindruck war von mir in keiner Weise gewollt. Soweit Missverständnisse in dieser Hinsicht entstanden sind, bedauere ich dies ausdrücklich“

Filbinger est devenu Ministre-Président de Bade-Württemberg en 1966 avant d'être contraint à la démission en 1978 lorsque son passé nazi a resurgi. En sa qualité de juge militaire dans la marine, Filbinger a participé à plus de 180 sentences condamnant à mort des déserteurs jusqu'à la toute fin de la seconde guerre mondiale.

Mercredi dernier, Oettinger a cru malgré tout évoqué cette partie de la vie de Filbinger en expliquant que celui-ci n'avait pas été un national-socialiste mais au contraire un opposant au régime nazi (er sei „kein Nationalsozialist“ gewesen, sondern „ein Gegner des NS-Regimes“).

L'affaire a fait grand bruit, jusqu'à la Chancelerie où Oettinger n'a pas nécessairement que des amis. Il est vrai qu'à la fin des années 90, il avait traité Merkel de "fremdkörper", de corps étranger, à la CDU... L'univers machiste de la l'Union Chrétienne démocrate de la fin de l'ère Kohl s'accommodait alors assez mal de l'arrivée d'une politicienne venue de l'Est.

Les appels à la démission se sont multipliés toute la semaine, même si l'affaire semble se tasser en ce début de week-end. Il est difficile de penser que Oettinger ait pu prononcer de tels propos sans se douter du tollé qu'ils provoqueraient. Il a reconnu que l'hommage funèbre se devait de présenter les épisodes difficiles d'une vie de manière plus ou moins avantageuses pour le défunt et surtout pour sa famille. Reste que sa position de Ministre-Président ne lui permettait nullement de réécrire l'Histoire. Et les réactions de cette semaine ont démontré combien ce passé est encore brûlant.

16 avril 2007

"Racaille politicienne"

Chers amis démocrate, je ne voudrais pas jouer les zoiseaux de mauvais zaugures, mais j'ai comme l'impression que la campagne présidentielle est en train de déraper et que personne ne semble réagir. A lire, hors des frontières, les déclarations des sieurs Sarkozy et Le Pen et à voir leur petit manège, on prend peur. Et à gauche ? on parle Rocard, Kouchner, Bayrou. Les enfants, faut réagir.

13 avril 2007

Margot au Chili

12h30. Il est l'heure de décompresser et de s'envoyer un ou deux brötchen dans la salle de conférence qui sert accessoirement de salle à manger une heure par jour. La pause sera courte. Le plat du jour + dessert + 1/4 de St Véran de mes midis bourguignons est déjà loin.


J'empoigne le Rheinische Post, Bien Public local avec du texte et des articles. On ne parle pas de la campagne électorale en France sauf pour évoquer les colleurs d´affiche de Le Pen devant les juges (Ah bon ?). On ne parle pas non plus des propos de Sarkozy sur son éclairante distinction entre les peuples qui commettent des génocides et les autres. Il est pourtant question de l'holocauste dans ce journal avec la visite d´une délégation d'évangélistes allemands en Israel. Leur chef n'a d'ailleurs pas eu peur d'affirmer que les catholiques supportaient une part de responsabilité dans la Shoah.


Une position semble-t-il partagée par la direciton du mémorial de Yad Vashem à Jérusalem, dont la journée de recueillement sera boycottée la semaine prochaine par le représentant diplomatique du Vatican en Israel. L'Eglise catholique, nous explique le Rheinische Post, estime que le musée de Yad Vashem présente Pie XII sous un mauvais visage.


Pour terminer par une note plus gaie, j'avais pensé évoquer la campagne de publicité mettant en scène Kylie Minogue et les nouvelles tenues de bains H & M.




Je me suis fort heureusement rappelé que l'intérêt de mes lecteurs étaient principalement tournés vers les relations franco-allemandes. Or, force est de reconnaître que ni H&M, ni Minogue ni le photographe ne sont français ou allemand.
Je me contenterai donc de vous narrer la brève lue - toujours - dans le journal du jour. Il est question de Margot Honecker, laquelle fêtera ses 80 printemps mardi prochain. La veuve d'Erich Honecker, dernier (ou presque) dirigeant de RDA, continue de couler des jours paisibles de retraitée allemande... au Chili.
L'article mentionne élégamment que Mme Honecker perçoit toujours sa retraite de 1.500 € en sa qualité d'ancienne fonctionnaire de l'Etat est-allemand. L'article ne mentionne pas les milliers de dossiers en souffrance des ex-citoyens est-allemands qui eux ne peuvent percevoir une retraite complète, faute de droits à la retraite acquis sous la RDA. Les interdictions de travail étaient courant sous Honecker et conduisaient à une mort civile à petit feu. Finalement, on aurait dû terminer par H&M.

01 avril 2007

Maître Pierre

De retour avant hier d'une mission fort délicate (double vaccinations chez la pédiatre), je décidai de m'arrêter auprès d'une petite Bäckerei repérée lors d'une précédente visite. La Bäckerei (prononcez Bäcker comme le Becker de Boris et le "ei" final comme de l'ail, respirez entre les deux syllabe, vous parlez allemand : Bäcker'ei) est sensée remplacer la boulangerie outre-Rhin.

Beau challenge qui ne peut conduire le visiteur français de passage qu'à un long moment d'hésitation et de gêne masquant une profonde déception intérieure : Mais merde alors, une baguette, c'est quand même pas sorcier à faire. C'est à moi ? Oui, alors je prendrai bien un peu de ce schwarzes saftiges vollkornbrot. Danke.

Ce genre d'avanie est naturellement réservé aux seuls étrangers sans culture germanique. Voilà bien longtemps que je m'en suis prémunis en dressant une liste noire des Bäckereien suspectes du quartier.

Vendredi dernier, donc, je pénètre dans cette Bäckerei déjà visitée près de l'Aachenplatz. Je m'étais décidé devant la vitrine pour une französische Baguette. Nostalgie. Arrivé au comptoir, deux clients s'affairent devant moi, m'offrant le temps nécessaire pour me permettre de jeter un coup d'oeil sur les rayonnages et de changer d'avis: une miche aux allures payasannes ma foi fort dodue et appétissante qui se mariera parfaitement avec une tranche de jambon cru et un verre de vin rouge. Le nom de cet oeuvre culinaire me conforte dans mon choix: Maïtre Pierre.

C'est à moi. Le "Was kann ich für Sie tun" vient de fuser de l'autre côté du comptoir, que je n'ai pas encore eu tout à fait le temps de m'essayer à prononcer Maître Pierre à l'allemande. La boulangère me fixe. Des clients piétinent derrière moi. Une seconde d'hésitation. Et puis merde, c'est du français, je le dis à la française. Je me lance, un peu hésitant: "Ein Maître Pierre, bitteuh".

J'ai très vite senti que la boulangère n'était pas du genre à s'amuser des accents chantants de ses clients étrangers. Dans une moue alliant dégoût et agacement, elle me demande assez sêchement de reformuler mon souhait dans un allemand compréhensible.

Je ne désarme pas et lance un magistral: "Ein Mah-i-treu Pi-erreu".

Le désarroi se lit désormais sur le visage de mon interlocutrice. Elle cherche du regard une collègue et prend à témoin les clients qui s'impatientent derrière moi pour leur signifier que faire son service dans des conditions pareilles n'est décidément plus possible.

Une vague gêne m'envahit et me brûle désormais les tempes. Pourquoi n'ai-je pas pris cette foutue baguette. Reste pour moi l'impensable mais irremplaçable attitude à adopter dans ces cas de nécessité: je pointe du doigt l'objet convoité comme un gamin de 6 ans qui attend sa glace depuis plus d'une heure.

Bientôt un an et demi que je suis en Allemagne et pas moyen de se faire servir un pain correctement dans une boulangerie. Il est midi passé et je songe furtivement à quitter de manière définitive ce pays.

29 mars 2007

Cicero, la Mannschaft, Mariton (II) et Anelka (II)

Belle découverte il y a quelques semaines réalisée à la librairie Stern de Düsseldorf : le magazine Cicero, dont la couverture du mois de mars était consacrée à un portrait de l'ancien chancelier social-démocrate Schmidt. Pour un aperçu plus concret, la page web du magazine est instructive.

Il sera assurément question de cet intelligent Zeitschrift dans les prochains posts, tant ces articles de qualités et ses "contributeurs" représentent une source inépuisable de sujets et de débats. Le dernier numéro voyait entre autres les participations de Schmidt, Fischer, Kundera, Walser, Eco, Garcia Marquez, Glucksmann, etc.

J´ai lu avec attention l'article rédigé par Friedrich Merz, ancienne étoile montante de la CDU, ancien chef du groupe conservateur au Bundestag, avant d'être foudroyé en pleine ascension par Angela la Terrible. Il faudra tout de même revenir sur son couplet relatif aux professionnels de la politique. Merz n'est pas forcément le mieux placé pour parler, mais il en parle.

L'édition du mois d'avril liegt auf meinem Schreibtisch et, O surprise, nous réserve une interview de... François Bayrou. En lisant l'entretien, on a l'impression d'entendre l'homme du Béarn en allemand. Je vous assure que ça fait quelque chose.

Pour respecter mon titre et mes lecteurs, je me dois dans les quelques lignes qui suivent aborder successivement la Mannschaft, Mariton et Anelka. J'ai été trop gourmand, sans doute.

Passons sur Mariton, qui est un con. Il est bon néanmoins de le rappeler. Et fréquemment si possible.

La Mannschaft, l'équipe de football allemande dirigée par Joachim Löw, s'est vue trop belle. Les journaux, notamment le Bild, titraient après la victoire sur la République Tchèque samedi soir, que leur équipe était la meilleure d'Europe. Bilan: défaite 1-0 à domicile contre les Danois. Que l'entraineur allemand ait aligné 6 nouveaux joueurs n'y change rien.

Reste Anelka, à nouveau brillantissime contre les Autrichiens et désormais indispensable à l'équipe de France. Quel beau retour !

26 mars 2007

Mariton et Nicolas

Regardez bien cet homme.

Depuis ce matin, il est ministre de la République française.

Avec de si belles cravates et chemises, il aurait pu être ministre du bon goût, mais non. Chirac l'a nommé à l'Outre-Mer.

Mariton, ancien député de la Drôme, c'est une vieille connaissance.

C'est en partie parce qu'il y avait à droite des gars comme lui que les alliances avec le Front national ont vu le jour en 1998 lors des élections régionales.

Mariton, pour une place de vice-président du Conseil régional de Rhône-Alpes, a été prêt à tout, y compris et surtout pactiser avec Bruno Gollnisch et ses sbires. Elu avec les voix des conseillers régionaux du Front national, Mariton avait de beaux projets pour Rhônes-Alpes. Vice-Président chargé des affaires culturelles, Mariton n'aura été que le pantin de Millon, lui-même pantin du FN durant les 9 mois de leur minable aventure commune.

Au même moment, on enregistre un autre retour. Quand Mariton dînait avec ses amis du FN dans les bouchons lyonnais, Nicolas Anelka plantait deux superbes buts contre les Anglais à Wembley. C'était au début de l'année 1999.

Depuis, plus grand chose.

Et là, samedi dernier, Anelka a tout simplement sauvé le onze tricolore et la République d'un naufrage collectif d'un magnifique extérieur qui a laissé Zydrunas Karcemarskas, le gardien lituanien du Dynamo de Moscou, sans voix.
Karcemarskas mesure 1,89 m, soit presque 2,50 m bras tendus. Sachant que les dimensions des cages de football sont de 7,32 m et que le gardien lituanien se trouvait légérement décalé sur sa droite au moment du tir de l'a ttaquant français, Anelka disposait d'une fenêtre égale à:
(7,32 /2) - 2,50 - 0,50 (léger décalage) = 0,66 m

Le diamètre du ballon officiel de la FIFA étant de 22 cm, Anelka, placé à 25 mètre des buts, disposait d'un angle assez large pour placer trois ballons AVANT que le gardien adverse n'esquisse le moindre geste.

Le gardien a plongé, Anelka a marqué, Mariton a été nommé Ministre de l'outre-Mer et Merkel est toujours chancelière.

Et Bayrou dans tout ça... ?

22 mars 2007

Total : une nuit en garde-à-vue

Christophe de Margerie a sans doute vu "L'ivresse du pouvoir", il y a quelques mois. C´est tout le mal qu´on lui souhaite car cela lui permettra peut-être de comprendre plus vite que sa situation est bien compromise.


Une surprise néanmoins à l´heure où j´écris, le grand chef de Total n'est pas présenté à Isabelle Huppert, mais aux Juges d'instruction Courroye et Simeoni. Forcément moins drôle. Chabrol ne sera pas présent non plus, c'est dire combien la production a délibérement fait peu de cas de la mise en scéne.

Côté direction d'acteur, toute lattitude est donc laissée au juge Courroye. Ce n'est pas un mauvais choix en soi. Courroye, il faut l´avoir vu une fois en action pour comprendre comment la base américaine de Guantanamo peut se révéler plus accueillante que les locaux du pôle financier du TGI de Paris.

De Margerie, successeur de Berléand ? Attention, Courroye n'a jamais aimé les acteurs qui surjouaient.

11 mars 2007

Angela, François et les autres

Franchement, on pourrait parler de ce qui se passe actuellement en Allemagne. C'est à dire peu de chose. Angela Merkel ? le SPD au sein de la grosse Koalition ? Schalke 04 qui ne gagne plus ? Guère palpitant, il faut le reconnaître. Dur constat pour les germanophones et -philes, assidus et méritants lecteurs de ce blog : il faut bien regarder du côté de Pâaris et de la Seine pour rigoler un peu.

Et là, c'est tout de même la franche rigolade.

Bayrou. Le Béarn. Le changement. La rupture. Le centre. L'union nationale. Un premier ministre de gauche. Des ministres de droite. Et Bayrou président de la république.

Si c'est pas un appel à voter Ségolène au premier tour, qu'est-ce que ça peut bien être...

Les 24% de l'homme du Béarn me rappelle cette anédocte iepienne. Une conversation en bordure de Rhône, sous un léger soleil de mars, enveloppée d'une fine bise du nord. Trois gaillards s'entretiennent de l'importance du vote d'extrême droite aux élections régionales passées.

- Quand même, on peut pas rester comme ça.
- Bah non.
- Faudrait faire un truc dans le cadre de l'iep.
- Ah ouaih.
- ...
- euh.
- Une rencontre avec Emmanuelle Béart.
- Et pourquoi pas Pierre Bourdieu ?
- Il est mort. Et Béart fera venir plus de monde.
- Bourdieu n'est pas encore mort à l'heure où nous parlons.
- C'est vrai.
- Bon, va pour Emmanuelle Béart, alors.
- En plus, elle vient de triompher dans le dernier Sautet.
- C'est faux.
- Et si on faisait plutôt un journal socialiste ?
- ...
- oh non, pas encore un truc avec les socialistes.
- Mais...
- Non, y en marre des socialos.
- Bah, alors, je sais pas...
- Un journal de socialos qu'interviewerait des gens de droite.
- Ah ouai
- Ouaih
- Genre on est open
- super ouvert sur le monde extérieur
- et tolérant
- Ouaih, c'est important la tolérance

Cette passionnante conversation est interrompue par l'arrivée d'un quatrième larron.

- Eh les gars, salut.
- (ensemble) salut Manu
- J'ai voté Bayrou aux dernières élections
- ...
- ça suffit les socialos.
- ...
- bin, vous dîtes rien ?

12 février 2007

C'est loin Corte, très loin

Sans dramatiser l'événement outre mesure, il s'agit très certainement du dernier post adressé sur ce blog. Rassurez-vous, nombreux et fidèles lecteurs, ce n'est que partie et adresse URL remise. Je migre sur la concurrence, las des soubresauts incontrôlables de blogger. Dommage car on commençait à s'habituer et à profiter des référencements expresses sur google.fr.

Pour ne pas abandonner mes lecteurs - dont je me permets de rappeler le profil moyen selon le dernier sondage effectué par téléphone les 3 et 4 février dernier sur un panel de 1004 lecteurs quotidiens ou réguliers* de ce blog en France et en Allemagne : amateur de football, de littérature hongroise, de Bill Clinton et de Lionel Jospin - je livre une dernière note qui les fera à n'en pas douter se poiler de rire, comme seuls les juristes savent le faire.

Alors que j'étudiais studieusement et avec conscience professionnelle le cas qui était soumis cet après-midi à ma sagacité (une succession franco-ukrainienne, testament en russe, décès en Ukraine, maison vers Marseille, trois frères), je tomba nez-à-nez avec les délais strictement impartis aux héritiers pour déposer la déclaration de succession auprès de la recette des impôts compétente. Les délais fluctuent selon le lieu de décès (le "de cujus").

Les informations suivantes ne sont pas truquées:

En cas de décès en France, les héritiers disposent d'un délai de 6 mois à compter du décès pour déposer la déclaration de succession;

en cas de décès à l'étranger (c'est mon cas), les héritiers disposent de 6 mois supplémentaires, soit 12 mois pour faire cette déclération;

en cas de décès outre-mer, cela varie entre 6 et 12 mois;

en cas de décès en Corse, le délai est porté à 24 mois.


Commentaire de mon collègue italo-allemand: "J'ai toujours pensé que la Corse était plus loin de la France que Tombouctou".


* par régulier, il faut entendre un minimum de 5 visites par semaine